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Visiter Porto-Vecchio : la cité du sel entre citadelle génoise et port animé

Troisième ville de Corse et capitale touristique de l'Extrême-Sud, Porto-Vecchio (Portivechju en corse, « le vieux port ») est une étape incontournable d'un voyage sur l'île. Perchée sur un promontoire de porphyre rose au-dessus d'un golfe splendide, la « cité du sel » séduit par sa citadelle génoise, sa vieille ville pittoresque, son port de plaisance animé et son arrière-pays de montagne. Si Porto-Vecchio est mondialement connue pour ses plages, la ville elle-même mérite qu'on lui consacre au moins une demi-journée. Ce guide est le premier d'une série de deux : il est consacré à la découverte de la ville. Le second explorera ses fameuses plages (Palombaggia, Santa Giulia, Rondinara…). Voici donc tout ce qu'il faut savoir pour visiter Porto-Vecchio : que faire, que voir, un peu d'histoire et nos conseils pratiques.

La vieille ville de Porto-Vecchio, perchée sur son promontoire de porphyre rose.
La vieille ville de Porto-Vecchio, perchée sur son promontoire de porphyre rose.

Porto-Vecchio en bref

Située au sud-est de l'île, sur la côte de la mer Tyrrhénienne, Porto-Vecchio est la troisième commune la plus peuplée de Corse après Ajaccio et Bastia, et l'une des plus vastes en superficie. La ville se scinde en deux : la ville haute (la vieille ville et sa citadelle, sur les hauteurs) et la marina, en contrebas, avec son port de plaisance bordé de cafés et de restaurants.

Son atout : une double identité mer et montagne. En quelques minutes, on passe des ruelles historiques aux plages paradisiaques, et de la marina aux forêts de l'Ospedale et aux aiguilles de Bavella. C'est aussi un excellent point de départ pour explorer tout le sud de la Corse, à proximité de l'aéroport de Figari.

Un peu d'histoire : la cité du sel

Si le site est habité depuis la civilisation torréenne (IIIe-IIe millénaire avant J.-C., dont témoignent les vestiges du lieu-dit Torre), la ville actuelle est bien plus récente. Elle naît le 24 décembre 1539, quand l'Office de San Giorgio, la richissime banque génoise à qui Gênes avait confié l'île, fait édifier une forteresse sur le promontoire de porphyre rose. L'objectif : sécuriser la région, mettre en valeur la plaine fertile et se protéger des pirates barbaresques. Sa conception est confiée à Giovan Maria Olgiati, l'un des ingénieurs favoris de Charles Quint.

Les débuts sont dramatiques : entourée de marécages, la cité est un foyer de paludisme (malaria) qui décime les premiers colons. Détruite et reconstruite à plusieurs reprises entre 1540 et 1589 (les murs actuels datent de 1589), la ville ne connaît un véritable essor qu'à partir du XVIIIe et surtout du XIXe siècle, avec l'assainissement des marais. Son surnom de « cité du sel » vient de ses marais salants, exploités à partir de 1795, qui furent longtemps une ressource majeure (plus de 1 000 tonnes récoltées par an), jusqu'à l'arrêt des récoltes en 2000.

La citadelle et ses cinq bastions

Cœur historique de la ville, la citadelle génoise date de la fondation de 1539. Il en subsiste de belles fortifications, avec cinq bastions et une imposante porte génoise, inscrits aux Monuments Historiques depuis octobre 2019.

Le plus célèbre est le bastion de France (U Baluardo di a marina), achevé en 1542 et affecté autrefois à la garde du port. Restauré, il accueille chaque été des expositions d'art et dispose d'un toit-terrasse panoramique avec une vue spectaculaire sur le golfe et le maquis. Autre bastion notable, celui de Sant'Antonu (di a Funtana vechja), qui surplombe la plus vieille fontaine de la ville. Ne manquez pas non plus l'église Saint-Jean-Baptiste, église baroque au beau clocher, au cœur de la citadelle.

La vieille ville et la place de la République

Franchir la porte génoise, seule entrée de la cité à l'époque, c'est entrer dans un dédale de ruelles pavées, de passages voûtés, de montées en escalier et de placettes ombragées. On y flâne entre façades de granit, boutiques d'artisans, galeries d'art et échoppes de spécialités corses.

Le cœur battant de la ville haute est la place de la République : la plus animée de Porto-Vecchio, avec ses terrasses de cafés, son carrousel vintage et son ambiance conviviale. C'est l'endroit idéal pour une pause glace ou un verre. Prenez le temps de monter sur les remparts : la vue s'étend du port aux marais salants, jusqu'aux montagnes.

Le port de plaisance et les marais salants

En contrebas de la ville haute, au fond du golfe, le port de plaisance est l'autre pôle d'animation. Ce port, dont les origines remonteraient à l'Antiquité, offre une belle promenade bordée de restaurants, bars et glaciers, très vivante en haute saison, où l'on s'attarde pour admirer les bateaux amarrés.

Tout autour s'étendent les célèbres marais salants, à l'embouchure du Stabiacciu. Même si les récoltes ont cessé, une dizaine d'hectares se découvre encore, témoin du passé de « cité du sel ». Le point de vue depuis la porte génoise ou les bastions sur ces salines miroitantes est l'une des belles images de la ville.

Marchés, gastronomie et vie nocturne

Porto-Vecchio est une ville gourmande et festive. Côté marchés : le marché de produits corses se tient le jeudi matin derrière la marina (charcuterie, fromages, miel, vins, huile d'olive), et un marché textile occupe le terre-plein du port certains mercredis du mois. En haute saison, le port accueille aussi les Jeudis du Quai, marchés nocturnes mêlant artisanat et animations.

Côté table, la ville regorge de restaurants proposant spécialités corses et cuisine méditerranéenne, aussi bien dans la citadelle que sur le port ; pensez à réserver en été, les meilleures adresses affichent vite complet. Et à la nuit tombée, le port s'anime de bars et d'une ambiance festive qui a valu à Porto-Vecchio le surnom de « Saint-Tropez corse ».

L'arrière-pays : Ospedale et Bavella

Porto-Vecchio, ce n'est pas que la mer. À quelques kilomètres, la forêt de l'Ospedale et son barrage offrent fraîcheur, sentiers de randonnée et points de vue exceptionnels sur le golfe. De là, on rejoint la fameuse cascade de Piscia di Gallu et, plus haut, le massif et les aiguilles de Bavella, l'un des paysages les plus grandioses de Corse, paradis de la randonnée et du canyoning.

Les amateurs de patrimoine iront voir les sites torréens d'Araghju, Tappa ou Ceccia, vestiges préhistoriques disséminés autour de la ville. De quoi équilibrer plage et découverte.

Conseils pratiques pour visiter la ville

  • Comptez une demi-journée pour la ville haute et le port ; une journée si vous ajoutez l'arrière-pays.
  • La circulation en ville haute est très difficile en été : à partir de la mi-juillet, il devient quasi impossible de circuler et de se garer dans la vieille ville. Utilisez les parkings en contrebas (près du port et de la citadelle) et la navette mise en place en haute saison pour rejoindre la ville haute.
  • Montez pour la lumière : la fin d'après-midi offre les plus belles couleurs sur le golfe et les salines depuis les bastions.
  • Pas de train dans l'Extrême-Sud : on rejoint Porto-Vecchio en voiture ou en bus (depuis Bastia, Ajaccio ou Bonifacio, surtout en haute saison). L'aéroport le plus proche est Figari.
  • Réservez vos restaurants à l'avance en juillet-août.

Comment venir depuis Moriani et la Costa Verde

Porto-Vecchio est au sud de l'île : depuis Moriani-Plage et la Costa Verde, comptez environ 1 h 30 à 2 h de route par la plaine orientale (via Aléria et Ghisonaccia). C'est davantage une excursion d'une journée complète, voire une étape à envisager sur un ou deux jours si vous souhaitez combiner la ville et ses plages.

Notre conseil d'hôtes : depuis la Villa Monte-Cristo à Talasani, Porto-Vecchio se prête bien à une grande journée d'exploration du Sud, à combiner avec une plage ou l'arrière-pays de Bavella au retour. Et pour ne rien manquer de ses rivages, lisez notre second guide consacré aux plus belles plages de Porto-Vecchio.

Questions fréquentes sur Porto-Vecchio

En raison de ses marais salants, exploités à partir de 1795 à l'embouchure du Stabiacciu, qui furent longtemps une ressource économique majeure. Les récoltes ont cessé en 2000, mais le surnom est resté et les salines se visitent encore en partie.

La citadelle génoise et ses cinq bastions (dont le bastion de France et son toit-terrasse panoramique), la porte génoise, l'église Saint-Jean-Baptiste, la place de la République, les ruelles pavées et les remparts avec vue sur le port et les salines.

Une demi-journée suffit pour la ville haute et le port. Prévoyez une journée complète si vous voulez ajouter l'arrière-pays (Ospedale, Bavella) ou une plage.

Difficilement en haute saison : à partir de la mi-juillet, la circulation et le stationnement sont quasi impossibles en ville haute. Mieux vaut se garer dans les parkings en contrebas et emprunter la navette estivale.

Les plages emblématiques (Palombaggia, Santa Giulia, Rondinara), la forêt et le barrage de l'Ospedale, la cascade de Piscia di Gallu, les aiguilles de Bavella et les sites torréens préhistoriques.

Environ 1 h 30 à 2 h de route par la plaine orientale, ce qui en fait une excursion à la journée depuis la Costa Verde.


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